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Résultats de l'étude sur les pratiques de tri sur les chantiers de déconstruction
Résultats de l'étude sur les pratiques de tri sur les chantiers de déconstruction
Le syndicat des démolisseurs et désamianteurs (SEDDRe) vient de dévoiler les résultats d’une étude centrée sur les pratiques de tri sur les chantiers de déconstruction. Cette dernière a vocation à contribuer à éclairer les décisions des pouvoirs publics quant aux modalités de la mise en place du dispositif de reprise gratuite le plus efficace possible.

L’étude s’est déroulée en plusieurs étapes :

- La première étape, menée en 2017, a consisté à construire la méthodologie de l’étude, en travaillant avec un comité de pilotage composé notamment d’entreprises de démolition. A l’issue de cette étape, 5 familles de chantiers représentatives du marché de la déconstruction en France ont été établies. Ces 5 familles ont été élaborées en considérant 4 caractéristiques pouvant avoir un impact sur l’organisation de la déconstruction et par conséquent sur le tri des déchets sur chantier. Par ailleurs, une grille de collecte de données qualitatives et quantitatives a été élaborée afin de disposer d’un cadre établi pour la phase d’observation.

- La phase d’observation et de collecte de données s’est déroulée tout au long de l’année 2018.
- Le travail de consolidation et analyse des données collectées a été réalisé en 2019/2020.

22 chantiers de démolition, de taille et de typologie de travaux différentes, répartis sur l’ensemble du territoire national (métropole), ont été observés et analysés. Pour chacun des chantiers, des chargés de mission du SEDDRe ont collecté la documentation relative au chantier (DCE de marché de travaux, diagnostics déchets, SOGED, ...), réalisé des visites de chantier à des étapes clés de la déconstruction permettant d’avoir une vision aussi complète et objective que possible de l’organisation du tri des déchets, et mené des entretiens avec les conducteurs de travaux et chefs de chantiers.

Plusieurs facteurs

Les entreprises de démolition des chantiers suivis effectuent la dépose sélective systématique des produits métalliques, des produits en bois, ainsi que des matériaux inertes (béton, briques, céramique, ...). Les déchets de plâtre, plastiques, dalles de moquette, laines minérales... sont le plus souvent également déposés sélectivement, mais ne sont conservés triés et collectés de manière séparée que si certains paramètres sont réunis.

Ainsi, l’étude met en avant les conditions favorables – voire impératives – au tri à la source des déchets, identifiées de façon récurrente sur l’ensemble des chantiers suivis :

- l’opérationnalité des filières de valorisation, et que celles-ci soient connues et disponibles localement,
- l’incitation financière des filières de valorisation, qui soit être suffisamment conséquente par rapport au tarif de traitement des déchets non dangereux en mélange,
- la présence de quantités de déchets jugée suffisamment importante pour organiser une collecte séparée,
- la séparabilité aisée des matériaux.

D’autres paramètres ont également un impact sur le tri :

- La sensibilité du conducteur de travaux ou chef de chantier à la thématique de la valorisation des déchets,
- La fixation par un maître d’ouvrage d’objectifs de valorisation adaptés, sous réserve d’une incitation financière des filières par rapport au traitement des déchets non dangereux en mélange néanmoins. Cela est d’autant plus impactant que les objectifs sont assortis d’incitations positives (bonus sur objectifs),
- La dépose manuelle (non mécanisée) des matériaux permet généralement une meilleure qualité de dépose et donc de tri.
- La typologie des travaux réalisés (restructuration lourde/ rénovation ou démolition complète) peut également avoir un impact sur le tri de certains types de déchets.

A contrario, certains facteurs ont un impact limité, voire nul sur le tri à la source :

- les certifications HQE, BREEAM, et autres : dans ce type de démarche, les entreprises – dans le cadre des chantiers suivis – ont déconstruit et trié de la même façon que s’il n’y avait pas ces certifications.
- l’obligation de tri « 5 flux » introduite par le Décret n°2016-288 du 10 mars 20161 : parmi les 5 flux concernés – déchets de papier, de métal, de plastique, de verre et de bois – seuls les déchets métalliques et déchets de bois sont généralement systématiquement triés, pour des raisons économiques essentiellement et éventuellement dans l’optique d’atteindre des taux de valorisation fixés par le maître d’ouvrage.

Comme un seul homme

L’étude met en évidence le fait que le développement du tri et plus largement, de l’économie circulaire des déchets du BTP, nécessite la convergence d’efforts d’un grand nombre d’acteurs au-delà du démolisseur. Elle propose ainsi une série de recommandations pour chaque typologie d’acteurs :

- Entreprises de démolition/ déconstruction,
- Fabricants de matériaux de construction,
- Fabricants de matériel de chantier,
- Maîtres d’ouvrages, maîtres d’œuvre et AMO « environnement »,
- Diagnostiqueurs « déchets »,
- Entreprises de construction (bâtiment, hors démolition)
- Opérateurs de gestion des déchets et éco-organismes.

Le projet a permis également de réaliser une fiche de simulation des coûts de prévention et de gestion des déchets en pied de chantier pour servir d’aide à la décision aux entreprises de démolition.
Par la rédaction, le 04/03/2021
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